Posted on: 21 de janeiro de 2021 Posted by: Teia dos Povos Comments: 3

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Cette campagne de collecte de fonds est destinée à l’acquisition de terres afin de pourvoir aux conditions de vie nécessaires à la communauté des Tikmũ’ũn (Maxakali). Cette communauté est menée par Isael Maxakali et Sueli Maxakali, maîtres du programme de Savoirs Traditionnels de l’Université Fédérale des Minas Gerais (UFMG). La communauté vit aujourd’hui provisoirement sur un terrain de la commune de Ladainha dans l’état des Minas Gerais. Sur les terres futures, nous voulons aussi contribuer à la construction d’un Village-École-Forêt idéalisé par Isael et Sueli etconsacré aux savoirs traditionnels, au reboisement et récupération environnementale et à la souveraineté alimentaire.

Les populations Tikmũ’ũn.

La situation vécue par les Tikmũ’ũn est semblable à l’histoire de bien des populations indigènes dans toutes les régions du Brésil qui ont souffert et souffrent encore des invasions de leurs territoires, des persécutions et des massacres. Les Tikmũ’ũn, au long des cinq siècles de contact, ont dû se regrouper sur des portions minimes de leur territoire aujourd’hui totalement déboisé par les agriculteurs qui ont envahi leurs terres. Mieux connus comme Maxakali para la société brésilienne, ces populations vivent actuellement au Nord-Est de l’État de Minas Gerais en cinq localisations, selon les données de la Fondation Nationale de l’Indien (FUNAI):

  • Terre Indigène TI Maxakali/Pradinho (Commune de Bertópolis) avec 997 personnes ;
  • Terre Indigène TI Maxakali/Água Boa (Commune de Santa Helena de Minas) avec 872 personnes.

(Ces deux terres étant contigües forment une superficie de 5.305 hectares.)

  • Réserve Aldeia Verde (Commune de Ladainha) avec 289 personnes sur 522,72 hectares ;
  • Réserve Aldeia Cachoeirinha (Commune de Teófilo Otoni) avec 31 personnes sur 606,19 hectares ;
  • Aldeia Nova (Commune de Ladainha – terre non démarquée) avec 242 personnes.

La démarcation de ces territoires n’a jamais été faite en respect des limites d’occupation traditionnelle reconnues par les propres Tikmũ’ũn. Actuellement, les terres démarquées pour les Tikmũ’ũn comptent une superficie de près de 6.000 hectares pour une population de 2.431 personnes. Ce qui est une des plus petites quantités de terres démarquées pour une population indigène du pays. Selon la Carte des conflits impliquant l’injustice environnementale et la santé au Brésili, les Tikmũ’ũn voient leur survivance physique et socioculturelle menacée en fonction des limitations territoriales et des conflits avec les agriculteurs voisins de leurs terres, et aussi par la question de leur santé qui souffre de dénutrition, de maladies, du manque de soins médicaux et de carences alimentaires. La situation sanitaire, alimentaire et environnementale des Tikmũ’ũn, est préoccupante, aggravée par le manque d’eau potable. Le long et difficile procès des sollicitations faites par leurs communautés, les dénonciations et les interventions faites auprès du Ministère Public Fédéral (le Parquet brésilien) démontrent l’effort des indigènes à tenter de résoudre cette situation insoutenable.

Malgré ces souffrances, les Tikmũ’ũn perpétuent leur mode de vie, préservant leur spiritualité, leur langue et leur patrimoine poétique, musical e mythologique. Leur capacité de résistance se démontre par leur propre langue, toujours parlée en dépit de siècles de contact. Ils sont les gardiens d’un trésor linguistique et culturel de peuples et de langues indigènes qui ont disparus des vastes régions de la Forêt Tropicale Atlantique. Qui plus est, ils sont de grands connaisseurs de cette biodiversité, en préservant par la mémoire de leurs chants les descriptions détaillées de sa faune et de sa flore, et ce malgré l’actuelle disparition de la forêt. Par leur exception, leur vigueur et par leur résistance culturelle, les Tikmũ’ũn apparaissent comme un véritable défi lancé au monde du capital du 21ème siècle.

Le Projet Village-École-Forêt.

Le Projet Yãy Hã Mĩy (“faire la transformation”, Yãmĩy), élaboré simultanément comme Village, École et Forêt, vise l’obtention d’une terre où la communauté Tikmũ’ũn puisse vivre avec dignité, en renforçant sa cohésion et ses savoirs ancestraux. Le Village-École-Forêt sera un espace d’échange de connaissances répondant à la nécessité de construire un processus éducatif et de transmission entre les anciens et les jeunes Tikmũ’ũn et les non-indigènes. Ils comprennent que leur futur dépend aussi de la possibilité de « pacifier » les non-indigènes qui leur apparaissent comme étant des individus à fort potentiel de destruction, et de l’aide à leur apporter en vue d’une réconciliation avec la planète. L’objectif principal du Village-École-Forêt est la protection et la diffusion des savoirs de leur Yãmĩyxop (êtres multiples et altérités avec lesquels ils élaborent toute la connaissance qu’ils possèdent sur le monde et les autres êtres). Pour cela, ils prétendent réaliser des cours portant sur leurs connaissances ethnoécologiques, reconnaissance de la faune et de la flore, gestion de l’environnement, agroforesterie, formation de pépinières. Dans le futur, ils pourront partager ces savoirs consolidés dans leur École avec les indigènes d’autres peuples et les non-indigènes.

En somme, nous croyons que le Projet Village-École-Forêt pourra collaborer à la préservation de la Forêt Atlantique, parce qu’étant « enfants de la terre », les Tikmũ’ũn savent soigner cette terre, y apportant de nouveau ses forêts, les plantes et les animaux. Une fois créées les conditions d’accès à la terre, les Tikmũ’ũn vont pouvoir reconquérir les conditions nécessaires à leur souveraineté alimentaire, au moyen de leurs cultures de subsistance. Avec l’implantation des pépinières, ils pourront réaliser des trocs ou même commercialiser les plants et les jeunes arbres menacés de disparition, ce qui rend aussi possible la production d’artisanat, source de revenus pour la communauté. Pour les Tikmũ’ũn, se sont la terre, les rivières et la forêt qui sont l’école.

Pour eux dont la fin était considérée inévitable ou pour qui le monde s’est presque éteint plusieurs fois, les peuples indigènes ont beaucoup à nous apprendre sur le futur. Le futur comme lieu des relations, des liens entre les personnes, la terre et tous ses êtres vivants. Lieu de transformation. C’est le rêve des Tikmũ’ũn : la construction d’un autre monde possible à partager dans le Projet Village-École-Forêt Yãy Hã Mĩy (« faire la transformation »).

Contribuer:

Banco do Brasil
Isael Maxakali
Agência: 2232-2
Conta: 60-4

PIX: yaetmaxakali@gmail.com

i Pour plus d’information, voir : http://mapadeconflitos.ensp.fiocruz.br/conflito/mg-povo-maxakali-sofre-as-consequencias-do-ilhamento-territorial-e-degradacao-ambiental-com-alcoolismo-que-intensifica-conflitos-internos-mortes-de-criancas-e-a-grave-situacao-social-dos-maxacali/

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